Donc en gros on peut donner un budget de 1500 à 2000 € étant donné que je n'ai pas tenu compte de certains outils et bricoles diverses et variées, sans compter les inombrables aller et retours en voiture pour l'achat des fournitures (et aussi l'achat des fournitures oubliées lors du premier trajet ...) photo 27-2
La chappe de la grange est légèrement en pente pour favoriser l'écoulement en cas de forte pluie. Il a donc fallu commencer par remettre légèrement de niveau la zone.
Réalisation des montants porteur du four. Rien de sorcier : quelques aglos et du mortier.
Réalisation de la dalle, armatures et coffrage. J'imagine que la mise en oeuvre n'est pas dans le plus propre des styles, mais le résultat n'est pas si mal et l'ensemble est encore debout aujourd'hui ;)
Comme expliqué en introduction, l'ouvrage va être doté d'une gueule extérieure, il va donc falloir faire un petit trou dans le mur de la grange.
On commence par réaliser un linteau du côté intérieur, permettant ainsi de conserver intacte le crépis de la facade à cet endroit.
Découpe de la forme de la gueule extérieure. Il vaut mieux commencer par percer un trou de l'intérieur vers l'exterieur pour center le tracé avant de percer à tout va sans savoir si on se retrouvera aligné au final.
Une fois la forme prédécoupée j'ai terminé la découpe à la meuleuse pour désolidariser la portion à enlever un maximum afin d'éviter l'ébranlement des aglos environnant mais aussi s'épargner le crépis.
Le reste se fait tranquillement à la massette (tranquillement ou pas d'ailleurs ...)
La dalle précédement coulée est réalisée avec du ciment standard, elle n'est donc pas résistante aux hautes températures. Alors, on aurait pu réaliser une dalle en ciment noir pour rêgler le problème, mais celà sera revenu un peu cher...
L'astuce consiste donc à laisser 4 cm entre la dalle et le coffrage, ou la rangée de briques faisant office de coffrage dans mon cas et d'y couler une fine chappe isolante.
Le mélange que j'ai utilisé a du être quelque chose comme, 4 doses de vermiculite pour 1 dose de ciment fondu et 3 de sables. L'important ici n'est pas la résistance de la chappe mais quelle soit suffisament isolante pour protéger la dalle porteuse.
Pas évident avec ce mélange de faire une chappe bien lisse, mais celà n'a pas beaucoup d'importance les imperfections seront rattrapées par la suite.
Avant de couler la chappe isolante, on prendra soin d'intercaler des lattes (à toit par exemple) de manière à réaliser un petit joint de dilatation. Effectivement cette portion va à être soumise à des températures élevées, on commence donc à penser aux conséquences de la dilatation et déformation des matériaux.
Comme expliqué à l'étape précédente la chappe isolante n'est pas ce qu'on pourrait qualifier de "parfaitement lisse" c'est même plutot le contraire (évidement il n'y a pas cette photo donc il faut me croire sur parole...)
Pour cette raison mais surtout de manière à assurer la parfaite stabilité des blocs de la sole, on va intercaler une mince couche de sable.
Il faut d'abord positionner et ajuster des lattes de niveau, puis recouvrir de sable, tasser, passer une rêgle en suivant les lattes de niveau, rajouter du sable ou il en manque, tasser, passer la rêgle ... etc
Cela peut prendre du temps pour obtenir une couche bien tassée, lisse et de niveau. Cependant il ne faut surtout pas bâcler cette étape car on évite ainsi les mauvaises surprises au moment de la pose des blocs de la sole.
Remarque : Il est recommandé que la sole soit en légère pente en direction de l'entrée du four, ceci afin de favoriser le tirage. Il est clair que ceci est facile à réaliser avec une architecture de four standard.
Dans mon cas je n'ai pas voulu faire une sole à double pente, car les blocs du milieu n'aurait forcement été stable, cela aurait fait apparaitre des décalages entre les blocs et cela aurait évidement compliqué la construction ou entrainer des malfaçons.
Mise en place des blocs de la sole : vous remarquerez que je parle de "blocs" et non de carreaux de sole, mais si on considère le poids du carreaux de 30/30/10 en grès je crois qu'on peut tranquillement appeler ça un bloc ;)
Il n'est pas vraiment évident de positionner des blocs de ce poids sans gâcher l'applomb de la couche de sâble, c'est pourquoi j'ai installé une sorte de pont pour pouvoir travailler plus confortablement.
Enfin mais seulement si vous êtes bien sages, vous aurez peut-être le plaisir de vous farcir une bonne petite sciatique, comme moi ... ;)
On va ensuite cimenter le pourtour de la sole pour éviter que le sable ne s'écoule et ne dégrade ainsi la stabilité des blocs de périphérie (sur lequel. Tant que le sable est encore un peu humide, on retire l'excédant de sable à ras des blocs et on dépose un cordon de ciment fondu.
Et c'est là qu'on commence les choses intéressantes.
Réalisation des arches pour les gueules du four. Il faut d'abord réaliser un gabarit sur lequel on pourra faire reposer les briques jusqu'à ce que le mortier soit sec. On retire ensuite la forme et si tout se passe bien, ca tient.
Etant donné la forme quelque peut irrégulière des briques j'ai découpé, je les aient en premier lieu positionnées, numérotées et enfin cimentées.
Une fois les arches réalisées on peut passer au tracé de la couronne de la future voûte.
Réalisation du dôme en sable. Le principe est toujours le même, on fait un gabari en contre plaqué et on ajuste la forme du dôme au fûr et à mesure.
Mise en place d'un plastique sur le dôme et début de la pose des tuiles. Les tuiles sont assemblées à l'aide de colle réfractaire.
Découpe des tuiles
Assemblage de la voûte
Il faut ensuite combler les interstices laissés entre les tuiles avec des débris de tuiles et du mortier réfractaire (le ciment fondu n'est pas réfractaire)
Réalisation de l'arche pour l'entrée extérieure. Plutôt sympa ces petits moellons taillé maison, non ?
Réalisation des avaloirs. Je pense que faire faire des avaloirs en acier ou inox est une plus sage décision...
Retrait du sable : Bien évidement le sable extrait va être réutiliser pour réaliser l'isolation par la suite
Vu de l'intérieur le four semble presque terminé ... pourtant il y a encore beaucoup de travail.
Aménagement de la surface de travail en pavés du côté extérieur.
Réalisation du système de raccordement des conduits de cheminées.
Les clapets permettrons de basculer le conduit de fumée principale entre le conduit de l'avaloir extérieur ou intérieur.
Le mécanisme est également utile lors de cuisson de pains, il permettra en maintenant les 2 clapets fermés de minimiser les pertes de chaleurs par convection et aspiration de l'air chaud du four à travers la cheminée.
Merci encore à Lapin pour le super boulot de soudure sur le dispositif, je pense que c'est de loin l'un des points les mieux conçut et réalisés de la construction.
Dalle de support du conduit de cheminée. Il a fallut rajouter 2 morceaux de poutre entre les solives pour permettre le maintient de la chappe. Un armature de fers à bétons enfilés au travers des solives la maintient.
Un trou de diamètre largement superieur au conduit d'evacuation des fumée est laissé.
Fixation du raccord de conduit à clapets au travers de la chappe portée. Si on regarde sur les photos précédente on peut voir des petites pattes soudées sur l'extérieure du tube.
Ces pates vont permettre l'accroche dans le joint isolant (même mélange que pour la chappe isolante sous la sole) qui est coulé entre le tube et la chappe portée. Le trou laissé libre dans la chappe est conique de sorte qu'avec le poids du dispositif le tout est reste bien callé et ne glissera pas.
Bref, pas facile à expliquer sans photo ... mais je ferais un petit croquis à l'occasion.
Chapeau de cheminée : encore du gros bricolage avec des chutes de grès et des tuiles, en rappel des matériaux utilisés pour le four.
Détuillage et découpe d'une latte à toit. Une armature est à nouveau mise en place pour soutenir la chappe destinée à assurer la maintient de la cheminée.
Le premier boisseau est posé sur un cordeau de mélange isolant (toujours le même)
Un tubage de 15mm est utilisé sur tout le circuit de fumée de manière à maintenir la pression des gaz constante et éviter ainsi des pertes de performance au tirage. Le système de raccord à clapet à lui seul va déjà nous engendrer des pertes, autant ne pas en rajouter.
La cheminée est ensuite assemblée avec le reste des boisseaux. Les joints sont fait à l'aide de colle refractaire.
Elle est a peu près à distance rêglementaire des chevrons : distance minimale entre bois de charpente et un conduit de fumée = 16cm.
Un coffrage est réalisé en dessous des chevrons et autour de la cheminée. Lorsque la chappe sera couler il faudra fixer un autre coffrage par dessus pour maintenir le béton.
Ne sachant pas exactement qu'elle température la cheminée atteindrait après plusieurs heures de chauffe, j'ai utilisé du ciment fondu pour la chappe.
Il s'avère au final qu'après 5h de chauffe continue les boisseaux sont à peine tiède : un bonne économie aurait donc pu être réalisée à ce niveau.
Pose de jupe en zinc et découpe des tuiles encerclant la base de la cheminée.
Le chapeau de cheminée, assemblé et collé directement sur un boisseau pèse son pesant de cacahuètes et j'ai pu faire un croix à la fois sur l'échelle et sur la pose en solo.
Il a fallut la mise en place d'un échafaudage ainsi que l'aide de 2 gros bras pour finalement parvenir à placer l'objet au sommet de la cheminée.
Spéciale dédicace au gros bras en chef qui se reconnaîtra.
Petite récréation avec la confection d'une caisse à tiroirs permettant de le stockage de 12 tartes flambées ou pizzas avant cuisson.
J'avais pensé bricoler ça pour m'amuser et faire comme dans les fêtes de rues ;), mais je dois avouer que l'outil est tellement pratique qu'on a finalement du mal à s'en passer.
Le économie de place sur le plan de travail est clairement l'avantage numéro 1, mais le gain de temps à la cuisson est tout aussi intéressant et permet même (sous réserve d'arriver à gérer la cuisson de 2 ou 3 pizzas en simultané) de passer un peu de temps avec les convives entre deux fournées. Ce qui est un luxe auquel peu de pizzaiolos peuvent prétendre ;)
Découpe de la pierre qui permettra d'obturer la bouche non utilisée. On aurait pu simplement poser une plaque en métal à cet effet mais celà aurait inévitablement crée une zone de déperdition calorifique.
On voit sur la dernière photo la pierre mise en place pour obstruer l'entrée extérieure du four, il est donc en position "pluie ou hiver". On peut également placer quelques plaques d'isolant dans l'avaloir.
Pose du béton cellulaire et vue d'ensemble du système d'évacuation des fumées.
Comme je l'ai dit en introduction l'isolation est réalisée en sable pour les 15-20 premiers centimètres, puis en mélange sable/vermiculite pour limiter un peu la charge totale.
Un petit coup de main pour le mélange et le remplissage de l'isolation. Là je les laissent s'amuser un peu à mélanger à la main, mais tout seul j'utilisais la bétoneuse évidement ;)
Vue de la cheminée une fois terminée.
La construction intérieure est pratiquement terminée. Il ne reste plus qu'à attendre que le tout sêche bien avant de pouvoir faire les premiers feux.
J'ai récemment terminé le crépis et la peinture de la cheminée, posé des plaquettes de parement sur la base du four en agglos et crépis la partie en béton célulaire.
Etant donné la profondeur du four j'ai me fabriquer et me faire fabriquer des outils sur mesure. Rables et pelle à pain.
... Les photos devraient arriver dans peu de temps ...
Le système à double entrée évidement. Vraiment un plus, à envisager lorsqu'on a la possibilité d'aménager un accès intérieur et extérieur. J'ai vu que certains constructeurs de fours proposent cette option sur leurs fours préfabriqués.
La taille relativement importante de la sole (+/- 110cm). Elle permet d'être très efficace à la cuisson et de réaliser des fournées de pains impressionantes. Pour donner une idée je peux monter jusqu'à 2-3 pizzas ou 4 tartes flambées simultannées en optimisant la position du cordon de braises.
La voûte en tuile. Très bon marché (50€ en récup) Bonne capacité réfractaire et jusqu'à présent (2 ans) parfaitement résistante.
En effet le tuileau est considéré comme un matériau semi-réfractaire et beaucoup de personnes le déconseille pour la construction des fours à pain (C'est d'ailleurs une des raisons qui m'ont poussées à l'utiliser ;))
J'imagine cependant que la qualité de la composition varie d'une marque à l'autre et que j'ai peut être été simplement chanceux ... Il ne reste donc plus qu'à attendre d'autres retours d'expérience !
Le côté esthétique du grès utilisé. J'aime beaucoup le rendu des arches réalisées en grès, je l'apprécie cependant beaucoup moins sous d'autres aspects ...
La sole. Réalisée en blocs de 10cm d'épaisseur elle emmagasine trop d'énergie durant la chauffe et a ensuite tendance à brûler le dessous des pains et des pizzas/flammekueche.
Un bon conseil aux futurs constructeurs : Evitez à tout pris de dépasser les 5 cm d'épaisseur pour la sole. Du fait de son contact direct avec les aliments elle n'a pas besoin d'être extrêmement chaude pour les cuires convenablement.
D'ailleurs si on regarde les fours Panyol par exemple, on se rend compte qu'ils fournissent des carreaux de sole ne dépassant pas 5cm d'épaisseur ... J'avais bien évidement fait cette constatation avant construction mais finalement décidé de baser mon choix sur une des réalisations en moraine présentées dans le livre de Pierre Delacretaz (ce livre est une mine d'information exceptionnelle pour un constructeur de fours, je ne cherche pas à rejeter la faute...).
Tout ça pour dire encore une fois : réfléchissez aux informations que vous lisez, même si elles proviennent d'un livre, les matériaux réfractaires ont des propriétées différentes qui font que les paramètres appliqués à une construction ne produirons pas forcement les même résultats sur une autre si celle-ci met en oeuvre des matériaux différents...
J'ai vu beaucoup de constructions sur internet réalisées avec des briques réfractaires pour la sole, outre la qualité alimentaire très mauvaise de ce matériau (alumine à haute dose) je serais curieux de savoir si elles posent le même problème vu leur épaisseur et surtout leur haut pouvoir réfractaire.
Solution de contournement : Durant la chauffe je ne laisse que très peu de temps le feu au centre du four, je parviens de cette manière à limiter le phénomène. Bien laisser la température du four s'homogénéiser avant cuisson (1h à 1h30 porte fermée) peut aussi aider à limiter ce problème lors de cuisson de pains.
Le grès utilisé pour la sole : Je ne citerai pas la carrière d'ou proviens le grès que j'ai utilisé (et payé une fortune ;)) mais pour du grès sensé être utilisé pour des fours industriels je suis un peu déçu. Après deux ans d'utilisation (loin d'être intensive) 3 ou 4 blocs sont déjà fendu et la pierre taillée pour obstruer l'entrée non utilisée s'est cassée en 3 morceaux ...
Coïncidence ou Présage ? J'ai réalisé peu après avoir acheter mes blocs que la facade de la nouvelle Mairie de ma commune avait été réalisée avec des plaques provenant de la même carrière ... cela aurait peut-être du me mettre la puce à l'oreille ;)
La mise en oeuvre du béton cellulaire. Je ne critique pas le matériau, qui est excellent pour bien des usages. Mais si vous souhaitez l'utiliser pour la construction de la paroi extérieur du four, utilisez des blocs de 10 ou plus et prévoyez un cerclage pour maintenir le tout.
Pour cet emploi je pense qu'il est préférable d'opter pour de la brique.
Les avaloirs : Leur mise en place a été pénible et il a fallu bricoler pour réaliser le raccord avec le tubage inox. L'idéal est de les acheter ou de les fabriquer sur mesure en inox.
La taille relativement importante de la sole (+/- 110cm). Bien que très agréable à l'usage une telle taille de voûte nécessite une quantité de bois importante pour la chauffe : 30-40kg. Si je la compare à la consommation de mon petit four en argile : 6-8kg je pense que le particulier devra trouver un compromis entre les 60cm qui font trop petit et les 110cm.
Disons que 80 cm de diamètre de sole constituent un bon compromis qui permettrait de faire des fournées de pains à l'échelle de la place et des ustensiles disponible dans une cuisine standard ainsi que la possibilité de cuire sans problème 2 pizzas simultanement.
Pour ceux qui auraient peur de manquer de rendement en cas de grosse assemblée sachez que j'ai déjà rassasié 15 personnes en moins de 40 minutes avec le four présenté dans cette page. Ce qui revient à dire que même avec un 80 cm il n'y a pas de souci à se faire.
Pour finir j'aimerai souhaiter bon courage à tous ceux qui se lance dans un projet comme celui-là !